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Les psychothérapies sont-elles évaluables ?

Avez-vous déjà entendu l’affirmation « La psychanalyse n’est pas évaluable » ?

C’est en réaction que nous nous penchons ici sur l’évaluation des psychothérapies, en prenant pour exemple les psychanalyses, mais sans que nos explications se restreignent à celles-ci.

En préalable, qu’est-ce que “la psychanalyse” ? Sans chercher à la définir de manière générale, je précise que l’article suivant ne concerne pas la pratique dialectique s’adressant à des politiciens, des stars du show-biz, et à tout autre adulte en relative bonne santé disposant de temps et d’argent, et consistant à les écouter parler de leur mal-être et de leurs interrogations existentielles et à en donner des interprétations. Je n’ai d’ailleurs pas connaissance que qui que ce soit cherche à évaluer ce genre de pratiques, et de fait cela n’a pas grande importance. Cet article parle de la psychanalyse comme forme de psychothérapie, ayant pour ambition de soigner des personnes (enfants ou adultes) ayant de véritables troubles mentaux ou cognitifs (au sens le plus large du terme), et opérant donc dans le champ de la psychiatrie et de la psychologie clinique. Lorsqu’une pratique affiche (même implicitement) l’ambition de soigner des troubles, on conçoit mieux qu’il soit légitime de soulever la question de son évaluation.

Notons pour commencer que le discours selon lequel la psychanalyse n’est pas évaluable est en conflit direct avec le discours (parfois issu des mêmes personnes) selon lequel la psychanalyse marche. Si l’on peut affirmer que la psychanalyse marche, c’est bien qu’elle a été évaluée, et que le résultat de l’évaluation est positif. Elle est donc évaluable. Simplement, c’est le mode d’évaluation qui est débattu.

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Dans l’autisme, tout ne marche pas

Dans Libération du 14/02/2012, dans le but de contester par anticipation la recommandation de bonnes pratiques de la Haute Autorité de Santé pour l’autisme, Bernard Golse affirmait: “Dans l’autisme, rien n’est validé, tout marche si on met le paquet, c’est l’intensité de la prise en charge qui compte”. Les trois termes de cette affirmation sont faux. Reprenons-les un par un.

“Dans l’autisme, rien n’est validé”

Il est faux que dans l’autisme rien ne soit validé, il y a eu de nombreux essais cliniques qui ont évalué et comparé l’efficacité de différentes approches, et montré que certaines méthodes éducatives (notamment ABA, TEACCH, ESDM) avaient une efficacité supérieure aux soins courants.

La meilleure synthèse en a été faite par la Haute Autorité de Santé en 2012. On peut également consulter la bibliographie compilée par l’association Egalited, qui recense non seulement les études scientifiques, mais également les rapports de synthèse et les recommandations établies dans d’autres pays, qui convergent avec celles de la HAS.

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